DÉCEMBRE 2025
Micronouvelles Jour 122
Santiago de la Clausa était né de père péruvien et de mère islandaise.
Il avait grandi en Laponie et en était ressorti grandi.
Depuis, il avait pris les rennes dans son destin.
Il distribuait des cadeaux à travers le monde.
La montagne secoua sa fourrure.
Un pan glissa.
Le lièvre observait depuis le fond de la vallée.
« Ça va encore descendre jusqu’à nous », pensa-t-il.
Et il disparut dans un pli du paysage.
Micronouvelles Jour 123
Le lac se réveilla gelé.
Sous la glace, des bulles couraient en riant.
Il gronda dans un craquement sourd,
qui monta jusque dans la forêt.
Un vieux télésiège fatigué,
tanguait sous les rafales de flocons.
Vivement la retraite, grommelait-il en secret.
Micronouvelles Jour 124
Les acras dansaient dans l'huile,
les bulles dans le champagne
et mes souvenirs sous le sapin.
Ah ! Noël.
Il tenait mal debout.
Une épaule en biais, la carotte de travers,
un œil qui regardait Lisbonne l'autre Copenhague
Chaque rafale le faisait chanceler.
Les enfants l’adoraient — il avait l’air de quelqu’un qui avait trop vécu.
La nuit, on l’entendit râler contre la pente, insulter la lune et menacer le lampadaire.
Au petit matin, il avait avancé de vingt centimètres vers la maison.
Les enfants crièrent de joie.
Les adultes fermèrent la porte à clé.
Micronouvelles Jour 125
Le vélo dérapa dans la neige.
Elle hurla de joie.
Le cadre vibra jusque dans ses doigts.
Le monde devenait une piste, ses joues une braise.
Le froid giflait, la roue chantait.
Elle ne pédalait pas : elle volait à trente centimètres du sol.
En arrivant près du sapin, les pignons crissèrent comme une cloche.
Elle pensa que Noël, finalement, c’était juste ça :
un vélo neuf, un fracas de vie,
et l’impression que la nuit te laisse conduire.
Et notre guirlande fétiche ?
Impossible de la mettre.
Ah bon ? Et pourquoi ça ?
Elle refusait d'être démêlée. Par principe....
Micronouvelles Jour 126
Trois pères Noël entrèrent par la cheminée du Louvre.
C'était magique. Tout le monde s'émerveilla.
Ils repartirent par les toits, plus chargés qu'à l'arrivée.
Elle plaça un petit paquet au pied de la cheminée.
Un cadeau pour “ceux qui livrent les cadeaux”.
Personne n’osa corriger.
La nuit tomba.
Le paquet resta immobile longtemps.
Puis, très légèrement, il glissa de deux centimètres.
Comme tiré par une main qu’on ne vit pas.
Au matin, il avait disparu.
Micronouvelles Jour 127
6 h du matin.
GI Joe faisait des pompes devant le sapin.
Mission : tenir jusqu’au lever du jour.
Il jeta un œil à la boite vide — extraction réussie.
Le papier cadeau servait désormais de tapis de sol.
Dans la cuisine, Barbie Chirurgienne stérilisait un couteau à beurre.
Elle répétait qu’il fallait « sauver le patient d’urgence ».
Le patient, c’était un Playmobil décapité pendant la nuit.
La famille dormait.
La salle d’opération sentait la brioche.
Micronouvelles Jour 128
Sur la table basse, le Playmobil cowboy ajustait son chapeau.
Il patrouillait entre les mandarines comme dans un canyon.
Un lion en plastique bloquait le passage.
Le cowboy soupira.
Encore un conflit interespèces avant le petit-déjeuner.
Le Lego ingénieur avait déjà reconstruit un pont, un mur,
et la moitié d’une piste d’aéroport sur le parquet.
Un avion téléguidé refusait d’atterrir.
Micronouvelles Jour 129
Cendrillon fuyait dans la neige,
la pantoufle coincée dans une congère.
Le bal avait mal tourné : trop de princes, pas assez de sorties de secours.
Sur le toit du château, Batman observait.
Il n’aimait pas les histoires qui dérapent.
Il descendit en silence, récupéra la pantoufle gelée
et lui tendit.
Elle la secoua, lasse.
— J’en ai ras le bol des gros lourdauds en costume victorien.
— Moi, c’est les sociopathes en général.
Une rafale fit trembler la verrière.
Ils tournèrent la tête au même moment.
Le Prince arrivait.
Batman souffla :
— Tu veux qu’on règle ça ensemble ?
Dans chaque entrepôt fraichement implanté,
Alibaba installait quarante fourneaux de destruction.
On n’expédiait même plus les articles :
on les détruisait tout de suite,
pour faire gagner du temps aux consommateurs.
Sur leur téléphone s’affichait un message poli :
« Votre produit a été détruit avec succès. Merci de votre achat. »
Micronouvelles Jour 130
Simone avait treize ans et, ce soir-là,
elle réécrivait Blanche-Neige.
Pas pour jouer :
quelque chose la dérangeait.
Cette jeune fille trop blanche, trop douce,
trop silencieuse,
avec un destin cousu de l’extérieur.
Simone n’aimait pas ce rôle assigné qui tenait l’héroïne immobile,
comme si la page refusait qu’elle grandisse.
Elle imagina Blanche-Neige debout,
dans l’ombre du texte.
Pas un fantôme :
une pensée qui proteste.
Contre le rôle assigné
Contre l’innocence forcée,
Contre la beauté comme fonction.
Blanche-Neige ne pouvait parler,
mais Simone l’entendait parfaitement :
un refus calme, précis,
comme un souffle qui réclame autre chose
que l’obéissance comme destin.
Simone approcha son stylo.
Elle comprit que, si elle réécrivait cette histoire,
ce n’était pas pour sauver Blanche-Neige,
mais pour lui rendre
la voix qu’on lui avait volée.
Dans le silence de sa chambre,
elles étaient deux jeunes femmes qui
marchaient ensemble,
entre réel et imagination.
Micronouvelles Jour 131
Hansel et Gretel tournèrent autour de la maison en pain d’épices.
Le toit dégoulinait de caramel, les murs sentaient la cardamome.
— On entre ? demanda Hansel.
— Pas sans renfort, répondit Gretel.
L’ombre massive tomba derrière eux.
Mister T craqua ses doigts.
— J’ai déjà dit : j’entre pas dans les baraques qui collent. Ça pue le traquenard.
La porte s’ouvrit d’elle-même.
Une odeur de sucre brulé s’échappa.
Mister T fit un pas, grogna :
— Ok, les mioches.
On casse tout, on laisse rien.
La sorcière hurla avant même qu’ils touchent le perron.
Les huitres se réunirent en coquille ouverte.
Elles exigeaient 80 % sur les profits des perles.
« Main-d’œuvre non rémunérée », claquèrent-elles.
On ne criait plus dans les criées.
Les coquilles Saint-Jacques commençaient à parler entre elles.
Micronouvelles Jour 132
Le Petit Chaperon rouge s’assit sur une souche, panier à la main.
Lui vidait une flasque, un œil sur la forêt.
— Je dois traverser tout ça pour aller voir ma grand-mère, soupira-t-elle.
— On traverse tous un truc, répondit-il. Après, on meurt. Ou on écrit.
Elle fixa le sentier.
— Et les loups ?
— Les loups, dit Bukowski, c’est rien.
Le pire, c’est d’espérer qu’ils n’existent pas.
Elle se leva, resserra sa cape.
— Tu viens ?
Il haussa les épaules.
— Pourquoi pas. L’absurde, c’est mieux à deux.
Il se réveilla d'un coup, pâteux, sur son canapé d'East Hollywwod.
Diplôme en poche, fier comme Artaban,
Il entra dans la galerie des Glaces
du monde du travail,
là où chacun ne joue que pour son propre reflet.
Micronouvelles Jour 133
Le pendule de l’horloge oscillait, tic à droite, tac à gauche.
Sur le canapé, elle faisait tourner une boule de Noël entre ses doigts.
— La vie, murmura-t-elle, oscille pareillement…
...de la souffrance, à l'ennui.
Le sapin clignota en retard, comme pour approuver.
Le chat bâilla, vaguement philosophe.
Elle regarda la fenêtre givrée.
Rien ne bougeait dehors.
Elle se leva d’un coup et attrapa son manteau.
Si la vie insistait pour osciller,
elle préférait aller voir ce qu’il y avait
au milieu du mouvement..
J'ai toujours eu cette certitude que les personnes
aux plus hauts postes du pouvoir politique
devraient être soumises à des évaluations
psychologiques poussées et continues.
Et puis j'ai lu que Lacan avait écrit :
« La psychanalyse est un remède contre l'ignorance,
elle est sans effet sur la connerie. »
Micronouvelles Jour 134
Les Trois Petits Cochons étudiaient tous l’architecture.
Le premier jurait par Ricardo Bofill : arches, démesure, romantisme bétonné.
Le deuxième ne parlait que de Le Corbusier : lignes dures, pilotis, règles strictes.
Le troisième rêvait de Frank Lloyd Wright et de maisons fondues dans le paysage.
Quand le loup arriva, il examina les trois villas.
— Sérieux, les gars ? Vous auriez pas pris un peu le melon, là ?
Ils le regardèrent, vexés.
Le loup souffla. Rien ne bougea.
Il recula, soufflé lui-même.
— Bon… j’admets. Belle maitrise des structures.
« La vie oscille, comme un pendule de droite à gauche, de la souffrance à l'ennui. » Schopenhauer aurait certainement fait un malheur comme éditorialiste, sur une chaine d'information en continu. N'importe laquelle...
Micronouvelles Jour 135
Le Petit Poucet courait à perdre haleine.
Derrière lui, une armée de Dyson s’allumait en rafale :
LED bleues, moteurs hurlants, turbo max.
Ils avalaient tout : cailloux, branches, miettes, traces.
Son chemin disparaissait au fur et à mesure qu’il le laissait.
Il lança son dernier caillou.
Le Dyson le goba sans ralentir.
Poucet jura.
On ne combat pas le progrès.
Il grimpa dans un arbre.
Les aspirateurs tournèrent en rond, affamés.
Il se dit que, finalement,le vrai ogre,
c’était la garantie cinq ans.
Le dimanche s’étirait sans bruit,
comme s’il voulait retarder le monde.
Les heures passaient, en chaussettes.
Les soucis brulaient gentiment dans la cheminée.
Puis quelqu’un frappa à la porte.
C'était lundi.
Micronouvelles Jour 136
Le robot s’alluma avant l’aube.
Il fit trois pas, puis un salut militaire.
« Objectif : réveiller la maison. »
Il fonça dans la plinthe.
Mission accomplie.
Lundi matin, l’ours en peluche émergea du canapé,
odeur de whisky, de sieste ratée et de cendrier qui déborde.
Il remit sa cravate en feutrine écossaise, vacilla un peu.
— Faut bien reprendre, marmonna-t-il.
L’enfant l’attrapa par une patte.
Il soupira :
— Monde de merde...
Micronouvelles Jour 137
Barbie et Ken sortaient de chez l’avocat.
Barbie avait tout pris :
la voiture de Ken,
la maison de Ken,
le bateau de Ken,
les meubles de Ken,
l’ordinateur de Ken,
et un ami de Ken.
Actarus avait quitté son robot géant.
Il tenait désormais une crêperie bretonne
sur une planète sans atmosphère.
— Sucre ou confiture ? demanda-t-il au premier client venu.
L’alien répondit :
— Armement lourd, s’il vous plait.
Micronouvelles Jour 138
Devant le sapin de Noël, un mime jonglait avec des bulles.
Clémentine les voyait parfaitement.
Pas sa mère, qui la ramena dans le monde des adultes par la main.
« Dépêche-toi on va être en retard. »
Les bulles éclatèrent en rigolant.
Clémentine leur sourit à pleines dents. Les manquantes en plus.
Jimmy tenait la main de son père.
Déambulant dans le marché de Noël,
Ils arrivèrent devant le stand de photos.
— On fait une photo avec le père Noël ?
Jimmy accéléra, regarda vers son père;
— Pfff. C'est même pas le vrai.
Le père sourit, l’œil soudain humide.
Micronouvelles Jour 139
Dans les gradins, le visage de Joël,
éclairé de mille portables,
contemplait ce clown triste que personne ne regardait.
Il resta là, immobile, yeux levés vers la scène.
Il regardait le clown sans écran.
Il se disait que, sinon, un jour, lui non plus,
personne ne le regarderait plus.
Dans la rue, les humains couraient tous à l’envers.
Les listes, les courses, les délais.
Un enfant demanda :
— C’est ça, l’esprit de Noël ?
Personne n’entendit la question.
Micronouvelles Jour 140
Sur l’étagère,
un livre se referma tout seul.
Il refusait d’être lu
par quelqu’un
qui ne terminait jamais rien.
L’enfant insista.
Le livre soupira,
et s’ouvrit quand même.
Le voisin installa 6000 LED sur son balcon.
La lune se sentit vexée.
Elle baissa un peu sa lumière
par politesse.
Micronouvelles Jour 141
Il arriva au diner, yeux cernés, sourire mou.
— Tu vas bien ?
— Je survis à décembre.
On servit la bûche, comme un pansement.
Dans le bus du soir,
tout le monde portait trop de sacs
et trop peu de joie.
Un enfant monta, les mains vides.
C’était le seul à avoir l’air complet.
Micronouvelles Jour 142
La liste de courses s’allongea encore.
Elle n’en pouvait plus.
Elle rêvait d’être un poème
ou une lettre d’amour.
Mais on rajouta “sacs poubelle”.
Dans sa boite brillante, le cadeau tremblait.
Il espérait juste qu’on ne dirait pas
« oh… merci… » sur ce ton-là.
Micronouvelles Jour 143
Il faut 13 millisecondes
pour reconnaitre un visage connu.
Et parfois toute une vie pour comprendre qui se cache derrière.
On peut masquer un secret
trente-sept secondes en moyenne.
Au silence qui suivit,
elle comprit qu’elle venait de le perdre.
Micronouvelles Jour 144
Une chance sur quatre-cent-mille-milliards d’exister.
Il leva les yeux vers les étoiles.
Aucune ne semblait surprise de le voir là.
On passe trois heures par jour
à imaginer des futurs impossibles.
Le sien, pourtant,
attendait dehors qu'on vienne le réchauffer.
Micronouvelles Jour 145
On respire vingt-cinq-mille fois par jour.
Il n’en sentit aucune.
Sauf celle, trop tard, où soudain, il s’arrêta.
Un clin d’œil dure 0,1 seconde.
Le temps de rater une vie qui passe,
ou de la remettre à zéro.
Micronouvelles Jour 146
Il faut quatre minutes
pour qu’un souvenir commence à s’effacer.
Il la laissa partir, comme la mer qui recule, en moins de deux.
Un éternuement file à cent-soixante kilomètres-heure.
L’enfant éternua vers le ciel.
Les nuages éclatèrent.
La neige se mit à tomber.
Personne ne vit le miracle.
Micronouvelles Jour 147
Vingt pour cent de la vie
arrive sans raison.
Les quatre-vingts restants aussi.
« Cent mille battements par jour,
c’est mieux qu'une batterie à hydrogène. »
Message de promotion pour la marche à pied.
Micronouvelles Jour 148
Il attendait que la vie s’améliore.
Rien ne bougeait.
« L’âme a ses propres saisons », pensa-t-il.
« Y a pas de calendrier. »
Elle regardait les yeux briller dans le manège.
La vie avait tourné, vite.
« L’émerveillement, ça repousse ? », pensa-t-elle.
Micronouvelles Jour 149
C’était le premier jour de l’hiver.
Elle prit un peu plus de temps pour s’étirer.
Les jours commençaient à rallonger.
Partir pour ne jamais revenir,
il en était revenu.
Les lundis, eux, revenaient toujours.
Micronouvelles Jour 150
Le dessin avait pris toute l’année.
Des couches, des retouches, des hésitations.
À la fin, il observa longtemps.
Puis passa un coup de gomme.
Ce qui resta suffisait.
Aphrodite entra au port.
Le GPS s’était tu.
Le baromètre fixait l’aiguille comme un juge de paix.
Le moteur toussait, vieux chien mouillé.
Le coffre à fusées murmura : « On aurait dû couler en août. »
Aphrodite regarda les quais, les lumières, les gens qui s’embrassent par habitude.
Elle soupira.
Puis se pencha vers la mer :
— Bonne année.
La mer monta d’un centimètre, comme un sourire.
Micronouvelles Jour 151
29 décembre, GI Joe s’était réfugié dans le sapin.
Hors de question qu’il descende.
Il parlait désormais de verticalité, de racines, de silence intérieur.
Il avait quitté la civilisation, disait-il.
Le canapé, l’électricité, les conflits inutiles.
Ici, il respirait mieux. Il méditait entre deux branches.
Il confondait encore un peu mission et chemin,
ennemi intérieur et vibration karmique.
Il prévoyait de lire Steinbeck, Thoreau…
« Monde de merde », pensa-t-il.
Batman évaluait les murs.
Les trois petits cochons prenaient des mesures.
Sherlock comptait les fissures.
Cendrillon regardait l’heure.
Puis le loup arriva. Il souffla. Rien ne bougea.
Ils le regardèrent.
La vitre de la Batmobile s’ouvrit côté conducteur.
Le Petit Chaperon rouge brandit un taser et grilla le loup sur place.
Le silence s’abattit sur la forêt.
Personne ne sut dans quelle histoire on se trouvait encore.
Micronouvelles Jour 152
Perché au sommet de la colline, le lynx ne se souvenait pas des dates.
Il retenait les variations de lumière, les nuits qui restent au matin,
les journées courtes, le poids des soleils de plomb.
Il reconnaissait ce qui changeait, puis revenait autrement.
Les odeurs qui se déplaçaient. La rosée qui grossissait sur les herbes.
La température du sol sous ses pattes. Les coups de fouet du blizzard.
Les silences, plus rares, plus perçants.
Il ne retenait pas les dates.
Seulement les répétitions. Dans sa chair.
Le soleil descendait lentement, se diluant dans des dégradés d’orange brûlée.
Des volutes de brume montaient de la vallée,
comme si la terre respirait encore une fois avant la nuit.
Assis, il partageait le calme du paysage. L’air chaud sortait de ses narines.
Un bruit venu de la forêt, juste derrière, coupa net le reste.
Une proie. Un kilo cinq à vue d’oreille.
Il se retourna et disparut dans le manteau neigeux.
Il avait tout écrit. Presque.
Il lui manquait une dernière micronouvelle.
Il observa la pièce, la rue, le ciel. Rien.
Il attendit. Toujours rien. Le silence
C’est à ce moment-là qu’il comprit : la dernière, c’était ce silence-là.
Il n'eut plus qu'à le laisser filer.